Je vais présenter un exemple d’un système qui permet la télécardiologie, une vision panoramique sur les réglementations nationales de la télésanté et quelques initiatives en région d’Aquitaine, et, finalement, essayer de proposer un développement des technologies mobiles de masse, de bas coûts, basés sur les Smartphones et l’Android.

Ce que le clip-vidéo du message antérieur nous montre

Le vidéo « le Smartphone qui se fait « cardiologue » montre un exemple d’utilisation d’un Smartphone comme moyen technique pour diagnostiquer à distance une situation de trouble de rythme cardiaque et, en ce cas, conseiller un suivie pour le patient. C’est aussi un exemple d’amélioration de la qualité des soins d’un patient qui est bien connu par le Professeur Eric Topol, Directeur de l’Institut de la Science de la Traduction Génétique Scripps et cardiologue en Californie.

Le patient porte avec ses doigts des mais gauche et droite les deux électrodes d’une boite plastique accroché au Smartphone. Pendant 10 seconds celui-ci fait la capture d’un échantillon du signal de l’électrocardiogramme (ECG), dérivation connue par I d’Einthoven, une des plus importantes parmi les douze dérivations qui habituellement sont prises dans des électrocardiographes cliniques.

Après sa capture le signal est objet d’un traitement électronique de filtrage pour éliminer des artéfacts de l’ECG et ensuite est transmis via une connexion Bluetooth à la mémoire du Smartphone.

Le patient peut ensuite envoyer ce fichier qui contiens l’échantillon du signal d’ECG par email, à travers d'une ligne sécurisé, soit à une base de donnés, soit à son médecin traitant.

Donc, ce système réalise une télémétrie, c'est-à-dire une mesure d’un signal physiologique, un traitement informatique et un chargement dans une base de donnés sécurisé.

Avec le fichier de l’ECG le cardiologue peut soit pratiquer une Télécardiologie, soit une Télésurveillance de cet électrocardiogramme.

Le problème de l’excès d’information (entropie)

Dans ces conditions il y a quand même des soucis à prendre en considération avec une activité médicale quand à la sécurité, à la confidentialité des données médicales et à l’échange et partage de ces informations de santé.

En particulier le médecin doit bien informer le patient des risques envisageables de l’acte médical dans ces conditions, et des avantages qu’il pourra en avoir.

Par exemple, dans un cas de processus obstructif cardiaque, le diagnostique précoce et le management le plutôt possible du rythme cardiaque pourra éviter les complications et l’augmentation de l’étendu d’une possible nécrose.

Je souhaite avoir bien présenté un exemple illustrant l’évolution des possibilités des portable, qui dans les années 1990, génération G1, avaient la seule aptitude à la transmission de texte et son, presque nulles pour l’acquisition et transmission de donnés médicales, et actuellement ils ont des possibilités plus intéractives et «intelligentes».

La possibilité pour un consommateur d’acheter aujourd’hui à bon marché cette technologie va, plus tôt ou plus tard, mettre en cause soit une partie de la législation sur la protection de la santé, même la plus récente, soit les principaux paradigmes qui encadrent la pratique actuelle de la profession médicale.

La division entre information et connaissance (médicale) semble aller s’accentuer.

L’informaticien, en plus des possibilités infinies des Google et d’autres sources d’information textuelle qu’il a déjà mis en œuvre, est en train de donner au consommateur un accroissement de la puissance et la complexité des informations sur les états de sa santé.

Cette croissance peut conduire à une presque paralysie de quelques parties des actuels systèmes de santé, je souhaite que non.

Ma recherche m’amène à penser que la personnalisation possible par l’e-santé est en encore en train d'être plus bien comprise par la plupart des systèmes de santés institutionnalisés.

La vision d’un avenir fait d’avancées conjointes des sciences et des consciences

Il y a plus d’une décade que beaucoup d’analyses des systèmes de santé reprochent à ceux-ci des difficultés à s’en apercevoir, et à s’adapter aux demandes dues à la multitude des technologies disponibles actuellement pour la télésanté.

Une de ces analyses, que je consulte maintenant, est proposée dans le livre de Bruno Salgues, que vient d’apparaitre il y a quelques semaines, avec le titre «L’e-santé et la télémédecine» et est publié par les Éditions Lavoisier.

Bruno Salgues est directeur d'études à l'Institut Mines Telecom, à l’Université Montpellier 2, il est spécialisé depuis une trentaine d’années dans les technologies émergentes, la conception des produits et services associés, les influences politiques associées et leur impact socioculturel, et, actuellement, il s’intéresse aux négociations internationales autour du monde du numérique, à la télémédecine et à l’inclusion des hommes et des femmes.

Son blog « Le Chat Botté » (http://www.salgues.com) est très instructif et mérite une visite attentive.

J’ai essayé de m’informer sur des expériences en France dans le domaine de la télécardiologie dans cet ouvrage et j’ai trouvé une phrase qui m’a fait réfléchir et que je reproduis :

« Le chalenge des années 1960-1990 était l’automatisation de l’interprétation de l’ECG. Dans les années 1990-2000 les nouveaux challenges étaient l’élaboration de normes d’interopérabilité et l’archivage des ECG. Aujourd’hui, le défi à relever est le développement du concept du self-care auto-améliorant (p.85)».

Quoique Bruno Salgues nous donne l’exemple d'un dispositif d’ECG de poche appelé Cardian, je n’ai pas encore réussi à trouver de la traçabilité de ce projet dans le site du groupe Axon et Domocare qu’il nous informe être les propriétaires du projet.

À un prix envisagé entre 500 à 1000 euros le développement d’un tel projet, même si le système Cardian est d’une bonne qualité, me semble être très discutable.

On peut aujourd’hui acheter en Europe pour 200 euros le moniteur cardiaque illustré dans le vidéo-clip, et avec la certification FDA, pour l’iPhone 4/5 d’Apple et, bientôt, pour le système opérationnel Android (ver. 4) à un prix semblable.

La FDA est la fameuse agence de certification nord-américaine « Food and Drugs Administration», il y aussil’équivalent européen la FDE, qui doit aussi faire la certification des produit de santé.

android-4

Un véritable laboratoire pour la santé publique

Il ne faut pas oublier le service de santé des armées français, lequel représente un véritable laboratoire pour la santé publique.

Dans mon recherche sur la thématique télémédecine dans l’archive de l’Académie Nationale de Médicine, j’ai trouvé un document daté 2006, «Télémédecine militaire : un système de systèmes pour une capacité santé», qui me semble avoir des précisions très importantes.

Une de ces précisions qu’on trouve dans ce document, et que j’ai déjà énoncée en haut, est en rapport avec le problème de l’information versus la connaissance:  

«Les personnels de l’équipe de soins devront avoir accès non seulement à des informations sur le patient mais aussi à des connaissances médicales, voire à des compétences médicales en ayant recours à des experts (télé-expertise, téléconsultation).

Les connaissances peuvent être mises à disposition par un accès à des bases de données, des procédures thérapeutiques. Elles sont alors essentiellement dans un sens montant entre l’opérateur qui est sur le terrain, constituant le demandeur et une structure supérieure qui détient les connaissances.

Mais cela ne nécessite pas forcément de transfert d’informations, la base de données pouvant être intégrée dans un système à portée de la main du demandeur (dans un micro-ordinateur portable, un assistant personnel ou tout autre dispositif numérique de recueil d’informations spécialisées facilement accessibles).

Les compétences sont les connaissances spécialisées d’un expert dans son domaine. Elles sont formulées sous forme d’une demande de renseignements complémentaires à un spécialiste.

Il faut alors avoir un échange d’informations montant et descendant entre le demandeur et l’expert. Les transferts peuvent aussi être plus complexes, non limités à la voix et nécessiter des transferts de fichiers (images, paramètres physiologiques…).

Dans tous les cas deux conditions essentielles doivent être remplies. Le demandeur doit autant que possible avoir une représentation la plus précise possible du receveur (l’idéal est de le connaître personnellement). Le receveur expert doit quant à lui connaître l’environnement et les missions dans lesquelles se situent le demandeur (connaissance du milieu) (p.4/10).»

C’est une intéressante approche à l’une des plus importantes problématiques qu’on trouve dans l’avenir de l’e-santé, le rapport entre l’information et l’extraction de connaissance à partir de cette information, et qu’on ira discuter beaucoup de fois dans les prochains articles de ce blog.

La télésanté a trouvé son financement

La France est le premier pays européen à s’être doté d’une réglementation en matière de télémédecine avec un cadre réglementaire favorable aux projets innovants.

Le site santé du MASS, Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, contient toute l’information sur le déploiement de la télémédecine, ses enjeux, stratégie nationale, financement et pilotage national.

C’est une actualisation, daté du 23 Mai 2013, de tout ce qui a été réglementé depuis l’article 78 de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » (HSPT) du 21 juillet de 2009, laquelle a reconnue la télémédecine comme une pratique médicale valide et finançable par l’état.

Les cinq actes prioritaires proposés sont la téléconsultation, la téléexpertise, la télésurveillance, la téléassistance et la régulation médicale

Les cinq chantiers prioritaires suggérés pour les projets sont la permanence des soins en imagerie, la prise en charge de l’AVC (Accident vasculaire cérébral), la santé des détenues, la prise en charge d’une maladie chronique et soins en structure médico-sociales ou en hospitalisation à domicile (HAD) (in discours de F-X. Selleret en 2012 dans l’ouverture de la journée TELESANTE 2012 organisé par le CATEL - Réseau de compétences dans le domaine de la télésanté et autres téléservices).

L’amélioration de la santé en Aquitaine

Ma recherche sur le déploiement de la télémédecine en Aquitaine m’a amené à des expériences d’e-santé très intéressantes. Cette recherche, n’est pas encore finie. La principale raison de ce blog est précisément de demander au potentiel lecteur de m’aider à rencontrer d’autres sources pour la compléter.

Il y a d’abord l’intéressant Programme Régional de Télémédecine de l’ARS d’Aquitaine pour 2012-2016, où on peut trouver, par exemple, une référence à des initiatives tel que la Télésurveillance et le suivi des DMIC (dispositifs médicaux implantés communicants - pacemaker / défibrillateur…). Dans le résumé qui est fourni dans le site il me semble que ce genre de projets est plus centré sur la médecine que sur la personnalisation de celle-ci.

Dans une enquête réalisée en 2008, le Conseil régional a identifié un vrai potentiel dans les domaines de l'information et de la santé, environ 1 000 emplois dont les deux tiers sont girondins. Si Agfa santé (Artigues) et Mac Kesson (Canéjan) sont les plus gros employeurs, le département est la terre d'élection d'une kyrielle de PME de pointe comme Imagine éditions à Soulac (logiciels pour cabinets médicaux) ou la filiale de Cegedim de Mérignac spécialisée dans la gestion de données de gestion partagée (source: Sud Ouest Journal).

Il faut aussi rappeler que dès 2006, le groupement d'intérêt économique Télésanté Aquitaine était créé à Bordeaux, première plateforme régionale de services de santé. Et que deux formations supérieures d'informaticiens de la santé, unique en France, sont en gestation à l'Université de Bordeaux dont un master en association avec l'Institut de santé publique, d'épidémiologie et de développement (Isped). Le Conseil régional, Innovalis Aquitaine et le BRA sont associés à la valorisation et à la mise en réseau de cette filière émergente où la Région est en mesure de jouer les premiers rôles en France (source : Sud Ouest Journal, 13 avril 2010).

Conclusion 

(i)  J’ai présenté un exemple d’un système de bas couts à la portée de quelqu’un(e), qui accouplé à un Smartphone permet la télécardiologie.

(ii)  J’ai dévoilé une vision générale sur les réglementations nationales de la télésanté et sur quelques initiatives en région d’Aquitaine.

(iii)  J’ai essayé de proposer un développement des technologies mobiles de masse, de bas coûts, basées sur les Smartphones, l’iOS ou l’Android, qui s’articulant avec la génomique amplifient d’une façon imprévisible les dimensions du droit à l’information sur la santé des citoyens(ennes).

(iv)  Mes propositions ne sont pas incompatibles, mais au contraire complémentaires (je m’efforce de les présenter comme tels) de la stratégie nationale de déploiement de la télémédecine des programmes régionaux.

Merci par l’attention

--Fernando Sereno